PLUS DE PHOTOS

Après le bip
La Conserverie, centre d'art contemporain
Maison du peuple, Pierre-Bénite
2013, installation photographique en dyptique photographies sur calque, recouvertes de papier calque et papier matière blanc
2 m x 1m
qq
qq

RETOUR

 




Face au nombre de bips envahissant et tonnant, j'ai voulu recentrer mon propos et ma création sur le Bip essentiel des machines de réanimation qui battent, en écho au rythme du coeur. 
En partant de photographie de réanimation, j'ai élaboré un travail spécifique, que j'ai disposé dans l'espace de façon à créer un rythme, comme celui des bips successifs. Par la répétition de cette même photographie recouverte de différentes épaisseurs de calque qui la rendent plus ou moins invisible, indicible, j'ai voulu montrer, à travers ces images qui s'effacent en rythme, le temps qui passe, la vie qui s'éloigne, jusqu'au moment des derniers bips des machines. J'ai travaillé les photographies sur calque, avec différents papiers calque et papiers matière blancs qui ne sont pas sans rappeler les draps et les linceuls.

"J'ai fermé les yeux et j'ai tenté d'imaginer des bips sonnant çà et là.
Ils étaient tous pareils, uniformes, stridents, répétitifs, obsédants, presque obséquieux, et j'ai imaginé le dernier et le silence ensuite lourd, pesant, blanc.
J'ai imaginé que ce dernier bip serait plus long, différent, qu'il serait capable d'annoncer sa suite, de prémunir, de prédire, ou du moins qu'il essayerait.
Et là, au milieu de ces bips «roboïdes», une image s'est imposée à moi, celle d'une salle de réanimation, de ses machines, de ces bips battant un régulier tempo, souvent apaisant, envahissant l'espace laissé libre par la vie.
J'ai entendu ce drôle d'orchestre rythmant des nuits déja absentes, suspendues hors du temps.
Je me suis demandée "ET APRÈS LE DERNIER BIP?", quand les machines se tairont, dans l'opaline de la salle, quand cet orchestre pourtant si bien mené aura cessé de croire, APRÈS …"  Marcelle Benhamou, mai 2013