PLUS DE PHOTOS

Papillons épinglés
Installation
Maison du peuple, Pierre-Bénite
2008, Calque
mur de 1 200 calques épinglés 22 m x 1,5 m
d
d
d

b édit photographique : Barbora kaššovicová, kassovicova.barbora@gmail.co

RETOUR

 




La troisième série s’intitule “Les papillons“. Tout part de l’idée de la collection ; c'est-à-dire de la répétition à l’infini du même sujet, du même objet. Folie obsessionnelle du nombre, du décompte, de la multitude. En l’occurrence, 4 fois 300 « papillons », c'est-à-dire 1 200 ; des “papillons” de papier, épinglés comme par une entomologiste, écartelés, alignés ou livrés au hasard, non sans que la peintre ait préalablement pris le plus grand soin de les graver méticuleusement, de les orner de matières précieuses. Fascination pour cette beauté de la mort livrée à nu puis paré.
Stani Chaine

Ce qui est décisif, dans l'art de collectionner, c'est que l'objet soit détaché
de toutes ses fonctions primitives,pour nouer la relation la plus étroite possible
avec les objets qui lui sont semblables,
Celle-ci est diamétralement opposée à l'utilité et se place sous la catégorie remarquable de la complétude,
Qu'est-ce que cette complétude?
Une tentative grandiose pour dépasser le caractère parfaitement irrationnel
de la simple présence de l'objet dans le monde, en l'intégrant dans un système historique nouveau, créé spécialement à cette fin, la collection,
Le sortilège le plus profond du collectionneur consiste à enfermer la chose particulière dans un cercle magique où elle se fige tandis qu'un dernier frisson la parcourt,
Tout ce qui est présent à la mémoire, à Ia pensée, à la conscience devient socle, encadrement, piédestal, coffret de l'objet en sa possession,
Lart de collectionner est une forme de ressouvenir pratique, et, de toutes les manifestations profanes de la proximité, la plus convaincante,
Walter Benjamin

1200 petits papiers calques, retravaillés graphiquement, épinglés au mur, écartelés. Donnés à voir aux spectateurs, ou mis en pature? Tels les petits papillons des collections de botaniste, fragiles, magnifiques et morts, ils nous facinent et nous troublent par leur présence belle et macabre, vision plastique malgré la mort. L’homme, aura-t-il toujours besoin d’épingler, de collectionner, et de tuer pour admirer et comprendre ?
Marcelle Benhamou